Formation : Summer School - Ecole d'été internationale "Participation et démocratie"
brochure

La démocratie au-delà des élections.

Objectif résumé

Comprendre les transformations ou les métamorphoses profondes du gouvernement démocratique de nos sociétés complexes. 

Contenu résumé

L’École d’été internationale (International Summer School) sur « Participation et démocratie » s’inscrit pleinement dans les réflexions contemporaines sur les transformations ou les métamorphoses profondes du gouvernement démocratique de nos sociétés complexes.

La thématique qui sera au cœur de l’école d’été est celle de la démocratie au-delà des élections.

Les débats et discussions autour de l’idée d’une crise de la démocratie se multiplient et gagnent en intensité depuis plusieurs décennies. Toutefois, en y regardant de plus près, on s’aperçoit rapidement que les symptômes de cette crise renvoient essentiellement à une définition minimaliste de la démocratie, centrée autour de l’élection et de ses acteurs. Les travaux qui renvoient à une perte de confiance des citoyens envers la politique pointent essentiellement une baisse de la confiance dans les partis politiques et les élus, voire dans les institutions représentatives (parlements et gouvernements) (Ferrin & Kriesi, 2016 ; Dalton, 2004 ; Marien, 2011). Le soutien au principe même de la démocratie ne semble lui pas s’éroder (Thomassen, 2016). De même, les analyses des comportements de participation politique soulignent certes une baisse de la participation aux élections (Franklin 2004, ; Delwit, 2013) ainsi qu’une érosion de l’adhésion aux partis politiques (van Biezen et al., 2011 ; van Haute, 2017).

Ces différents éléments conduisent à se poser la question de la démocratie au-delà des élections, bien plus que des alternatives à la démocratie elle-même. Il est donc important de mobiliser la grande richesse des travaux empiriques comme théoriques sur les autres modalités de la démocratie, qu’il s’agisse d’aller vers plus de participation citoyenne (Sintomer, 2007 ; Fishkin, 2009; Pateman, 2012), de démocratie directe (Peters, 2016), ou, au contraire, vers une démocratie plus furtive dans laquelle le rôle du citoyen demeure central mais où la place des experts et des technocrates est accrue (Hibbing & Theiss-Morse, 2005 ; Bertsou & Pastorella, 2017). De même, les nombreux travaux sur les transformations de la participation politique posent la question d’un déplacement de la citoyenneté elle-même (Dalton, 2008).

S’inspirant de ces recherches, nous souhaitons poser la question de la démocratie au-delà des élections soit en alternative, soit en complément à la démocratie représentative. A cet égard, il sera aussi important d’analyser comment le processus électoral lui-même est affecté par la démocratie pensée au-delà des élections.

Public Cible

Dans ce cadre général, l’école d’été s’adresse en priorité aux doctorant.e.s et chercheurs/euses qui mènent leurs travaux sur :

  • la démocratie électorale et la démocratie représentative ;
  • les modalités de la démocratie au-delà des élections ;
  • les transformations de la participation politique ;
  • l’articulation entre démocratie représentative et autres modèles de démocratie.

L’école d’été souhaite réunir des recherches tant de nature empirique que plus théorique. 

Session(s) disponible(s)

Oui : Cliquez ici pour voir les détails


Intitulé Summer School - Ecole d'été internationale "Participation et démocratie"
Institution(s) organisatrice(s)
  • ULB (Organisatrice)
  • Université Laval (Partenaire)
  • Sciences Po Bordeaux (Partenaire)
  • UNIL (Partenaire)
Organisateur
Faculté de Philosophie et Sciences sociales
Domaines
  • Société - Sciences Humaines
  • Société - Politique
Objectifs

Comprendre les transformations ou les métamorphoses profondes du gouvernement démocratique de nos sociétés complexes. 

Contenu

L’École d’été internationale (International Summer School) sur « Participation et démocratie » s’inscrit pleinement dans les réflexions contemporaines sur les transformations ou les métamorphoses profondes du gouvernement démocratique de nos sociétés complexes.

La thématique qui sera au cœur de l’école d’été est celle de la démocratie au-delà des élections.

Les débats et discussions autour de l’idée d’une crise de la démocratie se multiplient et gagnent en intensité depuis plusieurs décennies. Toutefois, en y regardant de plus près, on s’aperçoit rapidement que les symptômes de cette crise renvoient essentiellement à une définition minimaliste de la démocratie, centrée autour de l’élection et de ses acteurs. Les travaux qui renvoient à une perte de confiance des citoyens envers la politique pointent essentiellement une baisse de la confiance dans les partis politiques et les élus, voire dans les institutions représentatives (parlements et gouvernements) (Ferrin & Kriesi, 2016 ; Dalton, 2004 ; Marien, 2011). Le soutien au principe même de la démocratie ne semble lui pas s’éroder (Thomassen, 2016). De même, les analyses des comportements de participation politique soulignent certes une baisse de la participation aux élections (Franklin 2004, ; Delwit, 2013) ainsi qu’une érosion de l’adhésion aux partis politiques (van Biezen et al., 2011 ; van Haute, 2017).

Ces différents éléments conduisent à se poser la question de la démocratie au-delà des élections, bien plus que des alternatives à la démocratie elle-même. Il est donc important de mobiliser la grande richesse des travaux empiriques comme théoriques sur les autres modalités de la démocratie, qu’il s’agisse d’aller vers plus de participation citoyenne (Sintomer, 2007 ; Fishkin, 2009; Pateman, 2012), de démocratie directe (Peters, 2016), ou, au contraire, vers une démocratie plus furtive dans laquelle le rôle du citoyen demeure central mais où la place des experts et des technocrates est accrue (Hibbing & Theiss-Morse, 2005 ; Bertsou & Pastorella, 2017). De même, les nombreux travaux sur les transformations de la participation politique posent la question d’un déplacement de la citoyenneté elle-même (Dalton, 2008).

S’inspirant de ces recherches, nous souhaitons poser la question de la démocratie au-delà des élections soit en alternative, soit en complément à la démocratie représentative. A cet égard, il sera aussi important d’analyser comment le processus électoral lui-même est affecté par la démocratie pensée au-delà des élections.

 

Les participant.e.s seront invité.e.s à participer à une semaine d’activités académiques combinant des présentations de recherche par des chercheurs/-euses expérimenté.e.s et des sessions de discussions approfondies des projets de recherche en cours de construction par les participant.e.s eux/elles-mêmes.

 

Programme
Date Thématique Intervenant.e.s
Lundi 28 mai Les citoyen.ne.s rejettent-ils/elles vraiment les élections ?
  • Vincent Tiberj (Science Po Bordeaux)
  • François Gélineau (Université Laval)
  • Pascal Delwit (ULB)
Mardi 29 mai La démocratie directe
  • Sofie Marien (KU Leuven)
  • Laurence Morel (Université Lille 2)

Mercredi 30 mai

Lieu : Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles

La démocratie participative et délibérative
  • Vincent Jacquet (UC Louvain)
  • Ludivine Damay (ULB)
  • + Rencontre avec des parlementaires à propos de leur expérience de Panel citoyen
Jeudi 31 mai L’impact d’Internet et des medias sociaux sur la participation politique
  • Jean-Gabriel Contamin (Université Lille 2)
  • Raphaël Kies (Université du Luxembourg)
Vendredi 1er juin Les partis politiques au-delà des élections
  • Émilie van Haute (ULB)
  • Éric Montigny (Université Laval)
  • Oscar Mazzoleni (UniL)

 


Références

  • Bertsou Eri and Pastorella Giulia (2017) Technocratic Attitudes: a Citizens’ Perspective of Expert Decision-Making. West European Politics 40 (2): 430-458.
  • Dalton Russel (2008) Citizenship Norms and the Expansion of Political Participation. Political Studies 56 (1) : 76-98.
  • Delwit Pascal (2013) The End of Voters? Electoral Turnout in Europe since WWII. Open Journal of Political Science 3 (1): 44-52.
  • Ferrin Monica and Kriesi Hans-Peter (2016) How Europeans View and Evaluate Democracy. Oxford: Oxford University Press.
  • Franklin Mark (2004) Voter Turnout and The Dynamics of Electoral Competition in Established Democracies since 1945. Cambridge: Cambridge University Press.
  • Hibbing John and Theiss-Morse Elizabeth (2005) Stealth Democracy. Americans’ Beliefs About How Government Should Work. Cambridge: Cambridge University Press.
  • Marien Sofie (2011) Measuring Political Trust Across Time and Space. In Zmerli Sonja and Hooghe Marc (eds) Political Trust. Why Context Matters. Colchester : ECPR Press, pp. 13-46.
  • Peters Yvette (2016) Zero-Sum Democracy? The Effects of Direct Democracy on Representative Participation. Political Studies, online first, DOI: 10.1177/0032321715607510.
  • Thomassen Jacques (2016) What’s Gone Wrong with Democracy, or with Theories Explaining Why it Has? In Poguntke Thomas, Robteutscher Sigrid, Schmitt Rüdiger & Zmerli Sonja, Citizenship and Democracy in an Era of Crisis. London: Routledge, pp. 34-52.
  • Van Biezen Ingrid, Mair Peter and Poguntke Thomas (2011) Going, Going, . . . Gone? Party Membership in the 21st Century. European Journal of Political Research 51 (1): 24–56.
  • van Haute, Emilie, Paulis Emilien and Sierens Vivien (2017) Assessing Party membership Figures. European Political Science. Online First. doi:10.1057/s41304-016-0098-z
Type de formation
Catégorie Complémentaire
Durée
Durée Courte (1 à 5 jours)
Reconnaissance Attestation de présence
Prérequis

Les candidat.e.s sélectionné.e.s seront averti.e.s avant le 7 avril 2018.

Méthodologie

Les participant.e.s seront invité.e.s à participer à une semaine d’activités académiques combinant des présentations de recherche par des chercheurs/-euses expérimenté.e.s et des sessions de discussions approfondies des projets de recherche en cours de construction par les participant.e.s eux/elles-mêmes.

Les cinq journées seront organisées selon le même format. Le matin, deux-trois chercheurs/-euses seront invité.e.s à donner une présentation de leurs recherches récentes autour de la question de la démocratie au-delà des élections. L’après-midi, deux à trois participant.e.s seront invité.e.s à présenter leur projet de recherche (doctorat ou autre) et recevront des commentaires détaillés de la part des intervenant.e.s du matin, des autres participant.e.s, et des enseignant.e.s-chercheurs/euses et de l’équipe organisatrice (ULB, UniL, Université Laval et Science Po Bordeaux).

Langues
  • Français
Entité organisatrice

Centre de Formation continue en Sciences humaines et sociales
CFCSHS
Av. F. D. Roosevelt, 50 - CP 160/26
1050 Bruxelles
Belgique
Tel: +32 2 650 45 80
Courriel: formcont.SHS@ulb.ac.be

Contact Administratif CFC SHS
Tel: 02 650 45 80
formcont.shs@ulb.ac.be
Notes complémentaires

Intervenant-e-s
CONTAMIN Jean-Gabriel
Jean-Gabriel Contamin currently works at the Centre d'Etudes et de Recherches Administratives, Politiques et Sociales (U8026), Université du Droit et de la Santé Lille 2. Jean-Gabriel does research in Conflict Processes, Political Methodology and Information Technology and Politics. Their current project is 'A study about the effects of e-petitionning about political participation.'

DAMAY Ludivine
Ludivine Damay (°1977, Charleroi) est chargée de cours en sociologie au sein de la Faculté d’Architecture La Cambre Horta de l’Université libre de Bruxelles, depuis octobre 2016. Docteure en sciences politiques et sociales (Université Saint-Louis – Bruxelles, 2010), ses recherches portent notamment sur la participation citoyenne et l’analyse de l’action publique à différentes échelles. Elle a également travaillé sur le développement urbain au travers de ses recherches sur le Réseau Express Régional à Bruxelles ou encore à propos du quartier durable Tivoli. Actuellement, Ludivine collabore, avec Christine Schaut et Chloé Mercenier, à une étude sur la place des compétences citoyennes dans la résilience urbaine (projet « citizendev », financé par Innoviris dans le cadre du programme « Co-create » et réalisé en partenariat avec des acteurs associatifs bruxellois). En 2011, elle a codirigé, avec Benjamin Denis et Denis Duez, Savoirs experts et profanes dans la construction des problèmes publics (Bruxelles, Presses de l’Université Saint-Louis). Elle a également publié différents articles en français et en anglais dans les revues Espaces et société, Flux, Brussels Studies, Journal of Planning Perspective ou encore Journal of European Public Policy.

DELWIT Pascal
Pascal Delwit est professeur de science politique à l’Université libre de Bruxelles (ULB), où il mène ses recherches au Centre d’étude de la vie politique – CEVIPOL. Auteur de très nombreuses contributions sur la vie politique européenne, il est régulièrement invité à analyser et à commenter les transformations politiques à l’œuvre en Europe.

GÉLINEAU François
François Gélineau est professeur au Département de science politique de l’Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires. Ses recherches actuelles sont axées sur l’étude des élections et du comportement électoral au Québec, au Canada et dans les démocraties émergentes.

JACQUET Vincent
Vincent Jacquet currently works at Université Catholique de Louvain. Vincent does research in Comparative Democratization, Comparative Politics and Elections, Public Opinion and Voting Behavior. Their most recent publication is 'Public consultation and participation in Belgium: Directly engaging citizens beyond the ballot box?.'

KIES Raphaël
Raphaël Kies is a researcher at the University of Luxembourg. He is co-responsible for the Luxembourg National and European Electoral Studies. His publications include articles as well as books on e-democracy, local and deliberative democracy. He is the author of Promises and Limits of Web-Deliberation (Palgrave, 2010).

MARIEN Sofie
Sofie Marien is an Assistant Professor in Political Science at the Centre for Political Research. She previously held a FWO Postdoctoral fellowship at the University of Leuven where she also obtained her PhD in 2011. She held visiting positions at the University of Pennsylvania and Åbo Akademi University. In 2015 she was elected president of the Belgian Political Science Association VPW. Her research interests include political trust, political behaviour, political communication, comparative politics and contemporary history. Previously, her work was published in among others Political Research Quarterly, Electoral Studies, European Journal of Political Research and European Sociological Review.

MAZZOLENI Oscar
Oscar Mazzoleni, docteur en histoire contemporaine, est maître d’enseignement et de recherche en science politique et dirige l’Observatoire de la vie politique régionale de l’Université de Lausanne. Il s’intéresse notamment aux partis politiques et aux phénomènes électoraux.

MONTIGNY Eric
Eric MONTIGNY, Professeur adjoint sous octroi. Chercheur associé à la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires et sous octroi au Département de science politique. Ph. D. en science politique (Université Laval) Maîtrise en administration publique (École nationale d'administration publique)

MOREL Laurence
Laurence Morel est diplômée de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et titulaire d’un doctorat de l’Institut Universitaire Européen de Florence. Elle a été élue en 2014 présidente du "Research Committee on Political Sociology" de l’Association Internationale de Science Politique (IPSA RC 06), également affilié à l’Association Internationale de Sociologie (ISA RC 18). Chargée de recherches de 1988 à 1994 à l’Institut Universitaire Européen, elle est ensuite recrutée comme maître de conférences de science politique à l’Université de Lille II. Elle a enseigné dans les programmes de master et de doctorat des universités de Belgrade, Bologne, Stanford, et de l’Institut Italien de Sciences Humaines (Florence). Ses enseignements se situent dans le domaine de la politique comparée, de la pensée politique, de la théorie de la démocratie et de la vie politique italienne. Elle a participé à divers projets de recherche internationaux, sur les référendums, la gauche en Europe, le gouvernement de partis, le régime partitocratique italien, ou la qualité de la démocratie. Ses publications principales portent sur les référendums dans les démocraties et sont prolongées dans des missions de divulgation, de conseil, et de participation à des comités d’experts liées à la tenue de consultations particulières. Elle a publié également un ouvrage sur le président de la République italien, et, récemment, des articles sur le régime de la Ve République, les styles de leadership , la pensée politique de Max Weber, ou encore l’utilisation du tirage au sort dans la sphère politique.

TIBERJ Vincent
Vincent Tiberj est chargé de recherche à Sciences Po. Diplômé et docteur en science politique de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris, il a également été visiting scholar à Stanford University et à Oxford University. Spécialisé dans les comportements électoraux et politiques en France, en Europe et aux Etats-Unis et la psychologie politique, ses travaux portent sur les modes de raisonnement des citoyens « ordinaires », la sociologie politique des inégalités sociales et ethniques, la sociologie de l’immigration et de l’intégration, l’explication du vote et les méthodes quantitative

VAN HAUTE Emilie
Professeure et directrice adjointe du Cevipol Emilie van Haute a effectué ses études universitaires aux Facultés Universitaires Saint-Louis, seule université francophone à l'époque à offrir des programmes de cours trilingues (français-anglais-néerlandais). Au terme de ses licences, elle décrohe un mandat d'assistante. Ses recherches se concentrent peu à peu sur l'étude des acteurs politiques : électeurs, adhérents, militants, partis, candidats, parlementaires, etc. Elle intègre ensuite le Centre d'étude de la vie politique (Cevipol). Sa thèse s'est rapidement orientée vers une étude des adhérents de parti en Belgique. Premier assistant depuis octobre 2009, Emilie Van Haute est nommée sur une chaire en politique comparée. Elle donne deux cours dans le Master en science politique : " Politics in the US ", axé sur les partis, la vie politique et les élections aux USA, et " Politique et sociétés dans l'Union européenne ".


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  • Session mai 2018